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de Maxime Gorki adaptation et mise en scène : Eric Lacascade
Dans cette œuvre, rarement jouée, Gorki imagine l’arrivée de deux ingénieurs
chargés de construire un chemin de fer dans une province oubliée de l’Empire
russe, dans une ville où il ne peut rien se passer. Ils vont par leur seule
présence mettre en ébullition le petit monde étriqué de ces endroits figés dans
le passé qui, d’un coup et brutalement, se confrontent aux changements sociaux
et économiques d’une Russie en plein bouleversement. (…)
Petits-bourgeois, étudiants et intellectuels sans causes et sans avenir,
déclassés de toutes sortes, mais aussi ingénieurs venus d’ailleurs promettant un
avenir enthousiasmant, tous peuvent être barbares dans cette Russie
pré-révolutionnaire de 1905 dont Gorki dresse le sombre tableau. Plus de
nostalgie, plus d’excuses, mais un constat sans complaisance de la réalité
puisque, selon Gorki, “le carrosse du passé ne nous conduit nulle part”.
Réunissant son collectif de comédiens qu’il avait déjà mis en scène
dans “Platonov” avec l’engagement qu’on leur connaît, Eric Lacascade veut faire
entendre la force de l’écriture de Gorki à travers les voix multiples qui
composent ce chœur de personnages. Un Gorki engagé dans la lutte politique pour
un monde meilleur, un Gorki révolutionnaire, mais toujours indépendant, dont
l’œuvre entière est un témoignage fort sur cette société qui brime et écrase les
plus faibles. Un auteur dont Eric Lacascade se sent proche, lui qui a toujours
lié sa pratique artistique aux préoccupations des hommes de son temps.
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